Les tourmalines ont été autrefois des pierres sujettes à controverse dans le monde de la minéralogie.

Connue seulement en France depuis 1758, on avait fait sur elle de longues dissertations à la docte Académie, dès 1717, avant même qu’une seule eût été vue en France.

Les deux premières que l’on apporta le furent par un seigneur napolitain, le duc de Noya Caraffa qui les avaît achetées toutes taillées à Amsterdam.

Aussi dès ces premiers temps, les noms ne lui manquèrent pas, on la nomma : schorl électrique, aphrisite, sibérite, aimant de Ceylan, indicolite; rubellite, apyrite et enfin on crut reconnaître le « lyncurium » des anciens mais comme tout finit par avoir sa place en ce monde, elle est devenue ce qu’elle est: la tourmaline.

Cette substance minérale a le précieux pouvoir d’être un peu de tout, surtout en fait de couleur ; bicolore, elle se montre tour à tour rose-jaune, vert-bleu, vert-rose, unicolore, on la voit vert poireau, vert émeraude de toutes nuances, vert bleuâtre, bleu saphir, noire, hyacinthe, rubis d’Orient, rubis balais, rubis spinelle, rouge grenat, topaze brûlée.

En un mot, elle résume à elle seule toutes les pierres précieuses colorées.

Il semble que la nature ait voulu prouver à l’homme qu’elle pouvait aussi imiter presque parfaitement ce qu’elle avait créé de plus parfait.