Ce sont les Hollandais qui, vers la fin du XVIIe siècle apportèrent en Europe quelques cristaux de tourmaline que l’on désigna d’abord sous le nom d’aimants de Ceylan.
On peut employer plusieurs instruments pour étudier les propriétés électriques de la tourmaline ainsi, on peut poser le cristal, préalablement chauffé, sur un support lesté convenablement, ou le suspendre à un fil de soie sans torsion dans un cylindre de verre fermé en bac par une plaque métallique dont on élève la température, ou enfin employer l’électroscope de Bohnenberger ou celui d’induction de Thompson. A t’aide de l’un quelconque de ces appareils, on peut constater que
1 – La tourmaline n’est électrique que pendant que sa température varie, dès que sa température est stationnaire, tout signe d’électricité disparaît;
2 – Lorsqu’on chauffe régulièrement une tourmaline elle prend l’électricité polaire, c’est-à-dire qu’une moitié est électrisée positivement et l’autre négativement et la charge diminue depuis les extrémités jusqu’au milieu où se trouve un espace neutre
3 – Pendant le refroidissement l’électricité est inverse et le renversement des pôles se fait à l’instant où la température devient stationnaire;
4 – C’est à l’extrémité du prisme, terminée par trois facettes obliques que se trouve le fluide positif pendant réchauffement, M. Riess l’a nommé pôle homologue parce qu’elle prend le fluide représenté par le même signe que la variation de température; l’autre est nommée pôle antilope, et il prend l’électricité de signe opposé et celui qui indique le changement de température
5 – Si une des moitiés de la tourmaline est échauffée ou refroidie, elle présente seule l’électricité qui lui correspond, l’autre restant neutre;
6 – Lorsqu’une moitié s’échauffe pendant que l’autre se refroidit elles reçoivent toutes deux la même espèce d’électricité
7 – Il y a de grandes différences entre les tourmalines; quelques-unes ne s’électrisent que par un changement hrusque de température, d’autres ne peuvent s’électriser.
Les propriétés électriques ne se manifestent qu’entre 10o et 150o.
8 – Si on brise en deux parties une tourmaline échauffée chaque fragment présente deux pôles opposés.
On peut, puisque les fragments de la tourmaline conservent les propriétés du cristal entier, comparer le cristal en voie d’échauffement ou de refroidissement aux aimants ou aux piles sèches. M. Becquerel attribue l’électricité polaire à l’écartement produit par la chaleur entre les couches transversales, écartement qui les électriserait d’une manière différente sur les deux
faces. M. Gaugain regarde les cristaux pyro-électriques comme des piles thermoélectriques.
La tourmaline n’est pas le seul minéral qui soit pyro-électrique, ceux qui possèdent cette propriété d’une manière plus ou moins remarquable sont la topaze du Brésil, l’axinite, le silicate de zinc, la scolézile, la boracite, la rhodizite, la prehnite.
La titanite, le spath pesant et le cristal de roche donnent quelquefois des signes d’électricité, lorsqu’on les échauffe vivement.